États Généraux – La retraite au féminin

Les Retraités de la Coalition syndicale pour la libre négociation ont tenu lundi, 27 avril 2015, à Montréal la deuxième journée des États généraux sur l’avenir des retraites. Le thème qui avait été retenu pour cette journée de présentations et d’échanges était « La retraite au féminin ».
Pierre Cantin fait le bilan de cet événement avec Louis Larivière, président du Regroupement des syndicalistes à la retraite, et Louisette Hinton de l’Association des syndicalistes retraités du Canada, responsable des contenus.

Procès-Verbal

DEUXIÈME JOURNÉE DES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR L’AVENIR DES RETRAITES

LA RETRAITE AU FÉMININ

Lundi 27 avril 2015
Salle de la Fraternité des policiers de Montréal
480 rue Gilford
Montréal

Les retraités de la coalition pour une libre négociation regroupent plusieurs milliers de retraités décidés à défendre leur droit durement acquis à une retraite décente qu’ils ont gagnée par la négociation et par leurs contributions à leur régime de retraite à prestations déterminées.

Depuis que le gouvernement libéral a déposé le projet de loi 3 sur les régimes de retraite des employés municipaux, nous nous sommes mobilisés aux côtés de la coalition menée par les syndicats du secteur municipal et du transport, pour appuyer ses interventions, pétitions et manifestations.

Depuis l’adoption du projet de loi par le Gouvernement Couillard, les syndicats poursuivent la lutte sur le plan juridique. Pour notre part nous souhaitons faire progresser notre action et poursuivre la sensibilisation aux enjeux de nos actions collectives en faveur d’une retraite décente et juste pour toutes et tous ; alimenter la réflexion et les débats publics à l’aide d’experts éclairés et bons communicateurs; poursuivre la mobilisation et l’élargissement de nos alliances et partenariats, en particulier dans une perspective intergénérationnelle; annoncer la création d’une nouvelle organisation visant à consolider et continuer la bataille actuelle.

C’est pourquoi nous avons tenu cette deuxième journée des États généraux sur l’avenir des retraites avec pour thème : La retraite au féminin. Environ 70 personnes ont participé à cette journée de réflexion animée par Louis Larivière, Louisette Hinton, Jean Carette et François Teasdale pour entendre Ruth Rose Lizée, Alexa Conradi, Marie-Josée Naud, Marie Leahy, Audrey Bernard, Emily Norgang, Carole Poirier et Audrey Chartier.

Ouverture

Marc Ranger, Directeur adjoint du SCFP-Québec et coordonnateur de la Coalition pour le droit de négocier a souhaité la bienvenue aux participantes et participants. Il a, en outre, déclaré qu’il y a une bonne réflexion à faire sur la question des retraites. La coalition se réoriente et appuie les retraités dans leurs démarches.

Puis ce fût au tour de Lucie Levasseur, présidente du SCFP Québec, qui a tenu à être présente, de s’adresser aux participantes et participants.

Elle a souligné que l’initiative des retraités qui a contribué à «élargir la réflexion et mettre en perspective les véritable conditions de vie à la retraite d’une grande majorité de nos membres.»

Mme Levasseur a dénoncé le discours ambiant et démagogique du Gouvernement qui décrit les retraités comme des gras durs, des privilégiés et des enfants gâtés. Elle dénonce ce gouvernement qui préfère entretenir les préjugés, diviser en opposant contribuables d’une côté et syndiqués de l’autre, comme si nous étions une espèce venue d’ailleurs qui ne paie pas de taxe ou d’impôt.

«Plutôt que de développer une vision, proposer de mettre en place des mesures visant à améliorer les régimes publics (…) on nous propose le nivellement vers le bas, l’appauvrissement de ceux et celles qui bénéficient d’un régime de retraite négocié. » a déclaré Mme Levasseur. Elle ajoute que nous devrons nous serrer les coudes très rapidement et la contribution des retraités au débat public à la réflexion est indispensable pour tenter de sensibiliser la population sur la réalité des femmes à la retraite.

Mme Levasseur a terminé son intervention en déclarant :

«Je crois que nous devons faire davantage pour forcer ce gouvernement à agir, pour sensibiliser la population à un enjeu qui regarde tout le monde. C’est le Québec que l’on veut, une société plus juste et égalitaire. Il est temps de répliquer à ce virage à droite où le nivellement vers le bas ne sert que les privilégiés qui ne sont surtout pas dans nos rangs.».

1ère PARTIE : ÉTAT DE LA SITUATION

LES CONDITIONS DE RETRAITE DES FEMMES AU QUÉBEC EN 2015
Par Ruth Rose Lizée.

Mme Lizée est une économiste retraitée. Elle a un itinéraire professionnel exceptionnel. Étudiante de Milton Friedman, admiratrice de Michael Kalecki et Gunnar Myrdal. Professeur d’économie à l’UQAM pendant 30 ans, elle a participé à quelques-unes des plus belles victoires des groupes de femmes au cours des dernières décennies.

Dans son exposé Mme Lizée a traité de démographie, de revenus, de mesures particulières et des évolutions possibles.

Voyez le diaporama présenté par madame Ruth Rose Lizée le 27 avril 2015.

2015-04-27-ruth-rose-lizee

Démographie

Parmi les 65 ans et plus les femmes sont plus nombreuses. L’espérance de vie est en hausse constante, mais plus rapidement pour les hommes que pour les femmes. À 62 ans une femme a une espérance de vie de 87 ans. Au même âge un homme a une espérance de vie de 84 ans,

Au Canada la population de l’Ouest est la plus jeune. Dans les Maritimes on retrouve la population la plus âgée. Les deux seuls pays où la population est plus âgée que nous sont le Japon et l’Italie. Mme Rose dit, cependant, que le vieillissement de la population n’est pas fatal.

Les revenus

Le taux d’emploi a diminué de 1976 à 1996 et remonte depuis ce temps. Le gouvernement n’a pas besoin d’inciter les gens à demeurer ou à retourner au travail, les gens le font naturellement à cause des nouvelles conditions de retraite. Les gens qui travaillent le plus longtemps sont les immigrants.

La meilleure façon d’épargner pour la retraite, c’est d’appartenir à un Régime à prestations déterminées. Or les Gouvernements et les employeurs attaquent ces Régimes.

Les 55-64 ans sont les plus pauvres de la population et la pauvreté est en recrudescence depuis 1998. Chez les prestataires d’une rente de la RRQ les hommes bénéficient d’une rente plus élevée que les femmes. Seules les veuves reçoivent plus que les hommes. Les femmes reçoivent plus que les hommes parce qu’elles sont plus pauvres. Elles sont plus dépendantes des régimes publics.

Pourquoi des mesures particulières pour les femmes

  • Les femmes sont plus souvent absentes du marché du travail parce qu’elles assument plus souvent le travail domestique non rémunéré, et quand elles travaillent c’est plus souvent à temps partiel.
  • La sous-évaluation des catégories d’emploi à prédominance féminine et les écarts salariaux se manifestent dès le début de la carrière
  • À partir de 25 ans les femmes cotisent moins souvent au RRQ et cotisent sur un salaire inférieur de 15% à celui des hommes
  • Les REER et les Régimes à cotisations déterminées sont désavantageux pour les femmes à cause de leur plus grande longévité il faut une reconnaissance du travail non rémunéré socialement utile
  • En améliorant la rente au conjoint survivant avant et après la retraite.
  • En accordant des crédits au lieu d’exclure les années de faibles cotisations ou celles avec des enfants de moins de 7 ans.
  • En utilisant des tables unisexes
  • En partageant les crédits en cas de divorce
  • En maintenant la participation au Régime complémentaire pendant un congé parental ou de maladie.

Et l’avenir ?

Dans 40 ans les jeunes femmes d’aujourd’hui auront encore un retard par rapport aux hommes. C’est pourquoi il faut améliorer le RRQ et le RPC.

  • Augmenter la rente de 25% à 50% des gains de carrière.
  • Augmenter le maximum des gains admissibles (MGA) de 53 000 $ à 70 000 $ en dollars de 2015.
  • Augmenter l’exemption des cotisations de 3 500 $ à 7 000$.
  • Un Régime pleinement capitalisé.
  • Augmentation du taux de cotisation de 6% partagé entre l’employeur et le salarié.
  • Augmenter le Supplément de revenu garanti (SRG) de 15%

PANEL

La présentation de Mme Rose-Lizée a été suivie par un panel animé par Jean Carette, sociologue réputé, professeur retraité de l’UQAM auteur de plusieurs livres sur la retraite et les aînés, fondateur et président émérite du réseau Espaces 50+ et porte-parole de notre coalition.

Les participantes au panel étaient Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec, militante féministe de longue date, membre fondatrice de Québec solidaire. Alexa veut faire obstacle au discours qui laisse croire que l’égalité entre les hommes et les femmes est atteinte.

Marie-Josée Naud, titulaire d’un baccalauréat en histoire, d’un certificat en droit social et du travail et d’un certificat en gouvernance de sociétés. Depuis 2008 elle est conseillère syndicale au service de l’éducation de la FTQ. Elle aussi membre du Conseil d’administration de la RRQ et du MÉDAC. Elle participe aussi à plusieurs comités de retraite.

Diane Courchesne, du comité de la condition féminine de la CSQ qui a remplacé, au pied levé, Lise Labelle de l’AREQ qui a dû se désister à la dernière minute.

Question : Pourquoi la situation défavorisée des femmes perdure ?

  • M.-J. N : C’est surtout à cause du travail non rémunéré et de l’iniquité salariale. Il y a dix catégories d’emplois considérés comme des ghettos d’emploi.
  • A.C. : Les politiques néo-libérales sont arrivées en même temps que les femmes arrivaient massivement sur le marché du travail. Les conditions de travail se sont détériorées. L’espérance de vie des femmes (88 ans) est une autre cause. Souvent vers 55 ans ce sont elles qui s’occupent de leurs parents alors qu’elles pourraient être en pleine époque de productivité.
  • D.C. : La précarité volontaire ou non fait beaucoup de dégâts sur la situation des femmes. C’est la génération sandwich.
  •  

    Question : Le mot précarité vient du latin «precor» qui veut dire «prier, être à genou». C’est comme si la moitié de l’humanité n comptait pas. Pourquoi ça n’avance pas malgré certains gains ?

  • M.-J. N : Les décisions des gouvernements font reculer la condition des femmes. Par exemple, la création du RVER (Régime volontaire d’épargne retraite) est un recul évident. Les jeunes sont pessimistes par rapport à leur avenir de leur retraite.
  • A.C. : Il y a un déni des inégalités sociales des femmes. Les Gouvernements se désinvestissent dans la réalité des femmes. Les avancées sont le résultat des actions des femmes elles-mêmes. Les Gouvernements se comportent en adversaire plutôt qu’en alliés.
  • D.C. : Négocier les conditions de retraite en même temps que la convention collective est une erreur. Les conditions de retraite et de travail sont détériorées en même temps.
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    Question : Pourquoi les droits passent pour des privilèges et laissent faire la démolition des services de l’État ?

  • A.C. : On vit une période d’alliance entre Gouvernement et oligarques. Il y a peu de moyens de contrer la désinformation des grands médias. Beaucoup de personnes ne participent pas à la nécessaire solidarité. Nous subissons une lutte entre nous. Il nous faut repenser notre solidarité pour contrer les attaques gouvernementales, économiques et médiatiques.
  • M.-J. N : Il faut trouver le moyen de parler à nos membres pour qu’ils ne votent pas pour des gens qui travaillent contre leurs intérêts.
  • D.C. : La population ne connaît pas la situation des travailleurs et travailleuses du secteur public. Le gouvernement fragilise toutes les organisations syndicales, communautaires et de défense des droits.
  • A.C. : Les gens votent contre leurs intérêts parce qu’ils ont peur d’être la classe d’en bas. On développe donc le mépris contre les plus fragiles. La question de la retraite est traitée comme un enjeu technique et non comme un enjeu de conditions de vie.
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    Question : La manifestation du 1er mai a été le fait d’un enjeu social et citoyen. Il faut mettre la société civile dans le coup. Comment pousser l’élargissement des forces ?

  • A.C. : Il faut remplacer la politique de reconnaissance et d’approbation par une attitude où on s’approprie nos revendications. Il faut plus d’actions sur le visionnement et moins sur le court terme.
  • M.-J. N : La FTQ change sa culture en participant aux forums sociaux. Elle participe à la campagne «Pour une retraite décente» mais il faut augmenter les énergies dans cette campagne.
  • D.C. : La CSQ cherche à rejoindre plus de femmes. Pour cela il faut retourner à la base et délaisser les grandes assemblées générales. Il faut les cibler et les rencontrer dans leur milieu. Ça vaut pour les femmes mais ça vaut aussi pour les autres groupes.
  • Avant de quitter pour la pause on signale la présence dans la salle d’Hélène Vachon, vice-présidente du syndicat du transport de Montréal (CSN), membre du comité de condition féminine et de comité santé-sécurité au travail de son syndicat.

    On note aussi la présence de Francine Latendresse, directrice du syndicat des communications de la CSN

    VISITE EN CHANSON DES MÉMÉES DÉCHAÎNÉES

    Avant la reprise des travaux en après-midi, nous avons eu droit à la visite des Mémées déchaînées. Un groupe de femmes aînées s’inspirant des Raging grammies de la Colombie britannique. Elles se sont données comme mission la sauvegarde de la beauté du monde. Depuis 2001 elles arpentent les rues et répondent aux appels des organismes qui souhaitent les entendre. En chansons elles font la promotion d’objectifs communs comme la paix dans le monde, la justice sociale, le respect des droits humains et de l’environnement.

    Leur porte-parole est Louise Édith Hébert qu’on peut joindre par téléphone au 514-324-4796 ou par courriel : louiseedith4@gmail.com.

    2ième PARTIE : ALTERNATIVES ET SOLUTIONS

    RÉGIME DE RETRAITE DES GROUPES COMMUNAUTAIRES ET DE FEMMES
    Par Marie Leahy

    Ce nouveau régime de retraite est un projet collectif initié en 2004 par Relais-femmes et le CFP avec l’appui du Service aux collectivités de l’UQAM, notamment de Michel Lizée. Il se veut un outil collectif pour améliorer la sécurité du revenu à la retraite des personnes salariées des groupes communautaires et de femmes, les entreprises d’économie sociale et les OSBL en culture. 220 organismes et plus de 1 400 personnes participent au Régime.

    Il a fallu quatre ans de démarches pour élaborer le projet, fruit d’une collaboration étroite entre 2006 et 2008 avec la FTQ. Une modification à la loi RCR en 2007 a été nécessaire pour permettre la création du Régime.

    Le Régime est entré en vigueur le 1er octobre 2008. En mars 2015, le Régime compte 4 682 participantes et participants, 33 personnes retraitées et 549 groupes adhérents. Les actifs sont de 31 012 588 $.

    Les caractéristiques du Régime

  • Le Régime est conçu pour un environnement de PME pour s’adapter aux groupes communautaires et de femmes. C’est un régime à prestations déterminées (PD).
  • Le groupe choisit son taux de cotisation, avec un minimum de 2%, qu’il peut modifier en tout temps. L’employeur doit contribuer au moins 50% de la cotisation totale, mais n’est pas tenu de cotiser en cas de déficit.
  • 100$ de cotisation finance une rente viagère de 10 $ et l’indexation au coût de la vie annuelle avant et après la retraite.
  • En cas de déficit, une partie de la cotisation salariale des années suivantes doit servir à le résorber. La réserve d’indexation vise précisément à réduire ce risque au minimum, par une caisse de stabilisation.
  • L’âge de la retraite est prévu à 65 avec possibilité d’anticipation dès 55 ans, avec réduction de la rente, ou d’un ajournement jusqu’à 71 ans avec revalorisation de la rente.
  • Des outils additionnels existent pour augment ter la rente. Rachat d’une rente pour service passé, transfert direct, cotisations volontaires.
  • Quelques règles du Régime

  • Adhésion : Après acceptation du Conseil d’administration, 30% des syndiqués peuvent bloquer l’adhésion ou l’acceptation par le syndicat accrédité
  • Lors d’un changement d’emploi, l’employé peut continuer sa participation chez son nouvel employeur et conserver son droit à une rente différé, transférer dans un autre régime de retraite ou dans un CRI, la valeur de la rente acquise.
  • Gouvernance

  • Le comité de retraite se compose de 13 membres
  • 6 membres représentant les personnes actives dont un sans droit de vote
  • 6 membres représentant les personnes inactives (sic !) dont une sans droit de vote
  • 4 membres représentant les groupes
  • 1 membre indépendant
  • La capitalisation du Régime au 31 décembre 2013

    Les actifs du Régime sont de 20 447 800$ répartis ainsi :

  • 11 866 200$ constitue la capitalisation minimale requise pour assurer le versement des rentes garanties
  • 6 785 500$ constitue une provision pour indexation future obligatoire
  • 1 796 100$ versé à la provision pour événements futurs.
  • La caisse a donc en réserve 1,72$ pour chaque dollar promis.

    Après 5 ans, une réserve intéressante a été constituée pour assurer la sécurité des prestations promises et la stabilité des cotisations tout en permettant d’indexer au coût de la vie les rentes acquises jusqu’au 31 décembre 2013

    Une politique de financement et de capitalisation contraignante.

    3 objectifs principaux visent à assurer la sécurité et la viabilité du Régime :

  • Être en mesure de payer les rentes promises
  • Viser un niveau de cotisations stables
  • Sous réserve des objectifs précédents, assurer l’indexation des rentes et crédits de rente.
  • Les actifs sont répartis entre les obligations canadiennes (40%), les actions canadiennes (30%) et les actions internationales (30%) et sont confiés à Desjardins Assurances et Fiducie Desjardins.

    Depuis 2008 le rendement annualisé est de 10,55% et la valeur ajoutée est de 1,49%.

    RELAIS FEMMES
    Par Audrey Bernard

    Relais-femmes est un organisme féministe de formation, de recherche et de concertation qui œuvre à la transformation des rapports sociaux dans une perspective de développement et de diffusion de nouveaux savoirs et de renouvellement des pratiques.

    Cette mission s’actualise par l’entremis de4 champs d’action¨

    1. La formation et l’accompagnement
    2. La recherche
    3. La concertation
    4. La vie associative et démocratique

    Relais femmes a préparé un guide d’information destiné aux femmes à la retraite. Il est gratuit et disponible sur le site web de l’organisme : http://www.relais-femmes.qc.ca/

    Ce guide fournit un maximum d’informations sur la retraite pour les femmes aînées. Il aborde 5 thèmes :

    1. Portrait des femmes à la retraite
    2. Les facteurs d’inégalité hommes-femmes à la retraite
    3. Les Régimes provinciaux et fédéraux
    4. Les ressources communautaires
    5. La mobilisation

    LE NOUVEAU RÉGIME PUBLIC ONTARIEN DE RETRAITE
    Par Emily Norgang

    Chercheure principale au Serve des politiques sociales et économique du Congrès du travail du Canada (CTC). Ses toutes dernières recherches portent sur la politique publique et la gouvernance ainsi que sur la réglementation et la privatisation des services publics. Elle est titulaire d’un baccalauréat en sciences politiques et études de la paix de l’Université McMaster et d’une maîtrise en économie politique de l’Université Carleton.

    Trois millions de travailleurs ontariens n’ont pas de régime de retraite. C’est deux employés sur trois. Mais un nouveau régime créé par le gouvernement de l’Ontario et financé à parts égales par les travailleurs et leurs employeurs viendra bientôt changer la donne.

    Le gouvernement ontarien réclame depuis quelques années, sans succès, que le gouvernement fédéral bonifie le Régime de pensions du Canada. Face à son refus, la province a décidé d’aller de l’avant seule et de créer son propre programme : le Régime de retraite de la province de l’Ontario, qui vient s’ajouter au Régime de pensions du Canada, aux REER et autres économies personnelles des Ontariens.

    Il s’agit d’une des mesures adoptées dans le dernier budget de la province.

    Fonctionnement du régime de pensions de l’Ontario

    Le programme, qui sera implanté graduellement dans trois ans, vise à fournir une source de revenu prévisible à la retraite en mettant en commun les risques liés à la longévité et à l’investissement, tout en indexant les prestations à l’inflation, comme c’est le cas pour les prestations de retraite du Régime de pensions du Canada.

    Le régime ontarien sera financé à parts égales par les travailleurs et leurs employeurs. La contribution équivaudra à 1,9 % du salaire de l’employé, pour un total de 3,5 milliards de dollars par année. Tout employeur qui n’offre pas de régime de retraite en ce moment sera obligé de contribuer au programme ontarien.

    « Le gouvernement ontarien a profité de cette démarche-là pour être capable de créer une société moyenne plus juste, surtout du fait que la population vieillit, du fait que ces gens-là vont avoir des difficultés financières », affirme Gilles Levasseur, professeur de gestion et de droit à l’Université d’Ottawa.

    LE CARRÉ GRIS
    Par André Fleury

    Militant syndical retraité de l’Université de Montréal et membre actif de son Association de retraités «Après l’UM», membre du RSR et représentant de son association de retraités au près des Retraités de la Coalition

    LA COALITION LANCE LA CAMPAGNE DU CARRÉ GRIS

    Partout dans le monde, les régimes de retraite sont sous attaque. Même les rentes des retraités ne sont pas à l’abri. Cette offensive est en marche depuis quelques années déjà et risque de s’étirer dans le temps.

    Comme les gouvernements changent les règles du jeu par des lois, nous n’avons pas d’autre choix que de riposter sur le terrain politique. Si les retraités qui ont la force du nombre s’organisent, leur rôle pourrait être déterminant. Travailleurs et retraités, jeunes et aînés, ceux du secteur privé et ceux du secteur public, tous ont intérêt à s’unir pour assurer une retraite de qualité à l’ensemble des citoyens.

    Comme logo susceptible de créer un sentiment d’appartenance, nous proposons le carré gris. La couleur parle par elle-même. C’est le pouvoir gris qui se met en marche avec l’objectif de donner l’accès à une retraite de qualité à tous.

    Acheter un mètre de feutre gris est à la portée de chacun. Libre cours à l’imagination pour les individus qui veulent donner plus de visibilité au carré gris et à la revendication qu’il met de l’avant.

    PORTONS FIÈREMENT LE CARRÉ GRIS

    ET LES PARTIS POLITIQUES AU FÉDÉRAL ET AU QUÉBEC ?

    Des invitations ont été envoyées à tous les partis politiques fédéraux et provinciaux pour participer à un échange sur la question des retraites et particulièrement sur la situation des femmes. Seuls le Parti Québécois, le NPD ont répondu à notre invitation. Les autres partis, n’ont pas répondu ou ont décliné l’invitation en prétextant l’absence de propositions sur cette question dans leur programme.

    Mme Carole Poirier s’est présentée au nom du Parti Québécois.

    Mme Poirier est membre du Parti Québécois et députée du comté d’Hochelaga-Maisonneuve à l’Assemblée nationale. Elle détient un baccalauréat multidisciplinaire en administration, en gestion des services municipaux et administration des services publics et une maîtrise en administration publique. Elle a été vice-présidente de l’Assemblée nationale et est porte-parole de l’opposition officielle e matière de francophonie, de condition féminine, de condition féminine et d’habitation.

    La députée NPD, représentant le comté d’Argenteuil-Papineau-Mirabel Mylène Freeman, qui avait confirmé sa présence a dû se désister à la dernière minute. Elle fût remplacée au pied levé par Audrey Chartier, attachée politique du député NPD Alain Giguère du comté de Marc-Aurèle Fortin.

    Le débat fût animé par Jean Carette.

    Question : Devant les positions obstinées des deux gouvernements sur les questions de retraite, comment faire ?

  • A.C. : La proximité entre élus et les citoyens
  • 1.P. : Nous faisons face à une destruction. Ce qui était acquis ne l’est plus. Les coupures du Gouvernement Couillard vont provoques des conséquences désastreuses. Pour réparer les dégâts ça prendra une mobilisation intergénérationnelle. Les femmes de 60-65 ans sont actuellement pauvres. En passant l’âge de la PSV de 65 à 67 ans elles resteront à l’aide sociale deux ans de plus et c’est Québec qui écopera de la facture. «J’ai une vision pessimiste de l’avenir face à la passivité de la population.»
  • A.C. : Le NPD s’engage à réintroduire l’âge de la retraite à 65 ans.
  • C.P. : Il y a nécessité de maintenir l’indexation des rentes au coût de la vie.
  • Question : Quel est l’enjeu qui pourrait mobiliser la population : l’accès aux services ? L’accès à l’éducation ? L’environnement ? L’équité fiscale ?

  • C.P. : Ça prend un enjeu qui nous touche personnellement. Nous avons une réflexion à faire sur les enjeux mobilisateurs. Les gens se mobiliseront quand ils seront touchés personnellement, dans leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs CLSC, etc. Les radios poubelles influencent les voteurs dans la région de Québec. Les médias sont puissants et relaient le message aux politiciens. Il nous faut une mobilisation collective.
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  • A.C. : L’éducation est un facteur important dans la mobilisation.
  • Question de la salle : Le PQ a une position ambiguë sur la campagne FTQ qui vise à améliorer le niveau de rente du RRQ. Le PQ ne semble plus se présenter comme une alternative. On voit de moins en moins de différence entre le PLQ et le PQ.

  • C.P. : Il y a des différences fondamentales entre les deux partis, notamment sur la question de l’éducation du communautaire et sur d’autres enjeux. La prochaine plate-forme du PQ contiendra une disposition sur les rentes du RRQ
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    QUELLES SONT LES PERSPECTIVES POUR LES RETRAITÉS DE LA COALITION ?
    Jean Carette et François Teasdale
    Porte-parole et coordonnateur des retraités de la coalition

    Premier constat : Le contexte est plus dramatique qu’on peut le penser. Il s’agit vraiment d’un assaut contre nos conditions de vie à la retraite. Vois à ce sujet, l’ouvrage collectif : «L’assaut contre les retraites» publié par la revue À bâbord.

    L’attaque ne vise pas seulement les revenus de retraite mais l’ensemble des conditions de base, contre les retraités. On assiste à une attaque contre le rôle social de l’État. Cette attaque vise aussi les groupes de retraités, et profite de l’apathie des citoyens.

    Notre groupe ne dispose d’aucun moyen financier. Tout ce que nous avons pu réaliser jusqu’ici, l’a été grâce au travail bénévole de quelques-uns et surtout du soutien du SCFP-Québec en ressources matérielles, humaines et techniques. Et nous tenons à remercier son Directeur-adjoint, Marc Ranger et tous ses collaborateurs et collaboratrices.

    Formé dans le contexte du projet de loi 3 adopté contre les Régimes de retraite et du transport, quelle orientation doit-on se donner maintenant que le projet est devenu loi, en attendant les résultats des recours juridiques entamés et qui seront conclus dans quelque années ?

    On note dans la lutte que nous menons depuis plus d’un an, l’absence des grandes associations de retraités, FADOQ, AQDR, AREQ, AQRP, etc. Quelques-unes de ces Associations sont tétanisées par leur divisions internes.

    Notre groupe n’est pas sectaire et nous n’avons pas de structures, et ça fonctionne.

    Une proposition émane des discussions.

    Organiser un séminaire au mois d’août prochain qui portera sur l’orientation à donner à notre organisation. Inviter à cet événement tous ceux et toutes celles qui veulent lutter pour des retraites décentes pour toutes et tous.

    La proposition est adoptée unanimement

    MERCI

    Pour terminer cette journée fructueuse en enseignements et en échanges, Louisette Hinton, vice-présidente de l’Association des syndicalistes retraités du Canada (ASRC) et militante syndicale de longue date, membre du RSR et responsable du contenu de la journée avec Jean Carette, adresse les remerciement d’usage.

    Merci à la Fraternité des policiers et policières de Montréal qui nous accueillis gratuitement dans leurs locaux en nous fournissant le plateau techniques le café et les collations.

    Merci aussi au SCFP-Québec qui nous a fourni le soutien pour la production de nos documents et pour l’envoi du communiqué de presse.

    Merci aux bénévoles membres du RSR qui vous ont accueillis à l’inscription et qui ont distribué les repas du midi.

    François Teasdale
    Coordonnateur

    3 réflexions sur « États Généraux – La retraite au féminin »

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